Mercredi 18 Mai 2011 au Centre Saint Exupéry de Reims 19h – Au moindre « faut pas », Gérald Gruhn par la troupe En Aparté de Bordeaux 21h- Antigone, Jean Anouilh, par la troupe de l’ESSEC |
Antigone, de Jean Anouilh,
par la troupe de l'ESSEC
représentée pour la première fois le 4 février 1944.Nombre d’acteurs : 8
Durée de la pièce : 1h45
Résumé de la pièce :
A la mort d’Œdipe, ses deux fils Etéocle et Polynice échouent à s’entendre pour le partage du trône et finissent par s’entretuer sous les murs de la ville. Afin de regagner la paix civile, Créon, frère d’Œdipe, ordonne que des funérailles nationales soient faites à Etéocle, l’aîné, et que le corps de Polynice soit laissé en proie aux vautours à l’extérieur de la ville, en exemple.
Mais Antigone, fille d’Œdipe, refuse de se plier à cette loi. La pièce s’ouvre alors qu’elle s’est rendue une première fois auprès du corps de Polynice pour le recouvrir partiellement de terre.
Malgré les supplications de ceux qui l’aiment, sa nourrice, sa sœur Ismène, son fiancé Hémon qui n’est autre que le fils de Créon, elle y retourne une seconde fois, pour se faire prendre sur le fait par les gardes.
Livrée à la justice de Créon, elle refusera jusqu’au bout de dissimuler son acte ou de le regretter, plaçant au-dessus de toute loi, et de sa propre vie, sa liberté de rendre les honneurs funéraires à ses frères.
Mot du metteur en scène :
Quand l’action d’Antigone débute, la tragédie a déjà eu lieu, même si elle est à peine mentionnée par le Prologue/Chœur au début de la pièce. Œdipe est mort, ses deux fils l’ont suivi de près dans la tombe. Créon est monté sur le trône et adoptant la position de l’artisan au seuil de sa journée », il se prépare tranquillement à rendre un peu de paix à Thèbes. Mais malgré les apparences, la page tragique ne s’est pas refermée.
Le contexte est donc bien celui d’un lendemain d’armistice, et pas du tout celui de la veille d’une guerre civile. Mais alors même que les membres les plus déraisonnables de la famille royale thébaine (Œdipe, Jocaste, Etéocle, Polynice) ont disparu, la tension qui les opposait les uns aux autres va agiter ceux qui restent : les sages (Antigone, Créon) et les innocents (Ismène, Hémon).
Mais Antigone ne peut accepter. Il va lui revenir de refermer cette page tragique de l’histoire de sa famille et de Thèbes. Parce qu’elle aime son frère. Puisqu’il lui est inacceptable de laisser la dépouille de son frère sans sépulture. Mais aussi plus largement (et il faut le rappeler, même si c’est un poncif, Anouilh écrit sa pièce sous l’Occupation) parce qu’il importe de toujours refuser l’inacceptable, même si cet inacceptable représente un moindre mal. Créon « est le roi », pièce. Comme tel, il incarne la Raison d’Etat et peut agir contre nature. Mais nul n’est censé le suivre en ce sens, et c’est le message de liberté que délivre Antigone, jusque dans la mort.
Si la tension centrale de la pièce oppose Antigone à Créon, les autres personnages sont loin d’êtres décoratifs. En effet, suivant de près la tragédie de la dynastie oedipienne, cette pièce est bien davantage le drame des humbles. Créon est un roi simple, esthète, qui regrette le temps où il n’était que le premier personnage de la Cour. Antigone est petite et noiraude, à peine sortie de l’enfance. Hémon en est profondément et naïvement amoureux. Ismène n’aspire qu’à une vie facile et brillante, loin des enjeux de pouvoir. La nourrice et les gardes, profondément humains, symbolisent le peuple désemparé face aux destins compliqués de leurs princes.
Une pièce éternelle ?
Distribution :
Marie-Constance Descout : Antigone
Pauline Opinel Ismène
Elise Viné La Nourrice
Laurine Arnould Le Chœur/ Une Garde
Henri de La Guéronnière Créon
Damien Basalo Hémon
Louis Raynaud de Lage :le garde
Karim Bennis : Le Chœur/Un Garde
Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire