La pièce:
La troupe nous présente Woyzeck, de Georg Büchner, nouvelle création qui part au bord de la mer. Nous débarquons dans l'Europe marquée par la guerre, celle des plages de l'atlantique, des soldats et des feuilles mortes.
Dans cette pièce, Büchner met en scène des
soldats en paix. Des soldats dans une ville qui n’est pas en guerre. Qui vit,
qui boit, qui ne se pose pas de questions. La présence dans le même lieu de
civils et de soldats crée un décalage. Car un jour il y a eu la guerre. La terrible guerre qui a
détruit et mâché les hommes. Un jour des soldats ont vu, ont vécu le tonnerre
des champs de bataille. Mais aujourd’hui c’est terminé, la paix est là, la
ville est tranquille est la vie suit son cours. Il reste les traces, les
traumatismes, les échos de la guerre plantés dans les soldats. Comme autant de
blessures physiques, leur regard sur le monde est profondément perturbé.
Comment vivre à nouveau ? Comment profiter du soleil quand on est encore
sali par la guerre, quand le soleil et le bonheur des autres vous
échappe ? Les soldats sont blessés, décalés, perdus. Ils sont la blessure
qui reste au milieu de gens qui ne demandent qu’à oublier.
Büchner met en scène une ville qui ressemble
au monde. Une ville où chacun à sa place et doit la garder. Une ville où il
faut vivre malgré tout, en baissant la tête. Là-dedans il y a Woyzeck, un homme
qui ne voit plus le monde comme les autres. Opprimé, oublié, il erre avec son
impuissance à contrôler le monde et les autres autour de lui.
La troupe a pris ce texte par la force du collectif, par leur tous en scène. Ils ont voulu répondre à la solitude
des personnages par le tous ensemble de la troupe.
Ce
texte est connu, a déjà été mis en scène. Tant mieux, c’est un texte qui parle,
qui touche. C’était à leur tour d’y entrer, à leur manière, jeune, dynamique.
Pour le faire exploser encore une fois.
La troupe:
Fondée en 2011 autour
de Paul Balagué, la compagnie est une jeune troupe issue de la Sorbonne
Nouvelle, de l'ESAD et du Cours Florent. Elle tend à un théâtre de mots
dépouillé. Son travail se fonde sur une esthétique sobre ou les décors et les
objets, souvent peu nombreux, sont exploités au maximum et gagnent ainsi une
dimension polysémique. Ils croient à l'énergie qu'on sent sur le plateau, à la présence sur scène de forces qui s'activent, s'amplifient, aux acteurs qui restent présents tout au long du spectacle sur scène, se
gorgeant de l'énergie déployée avant eux. Le travail de mise en scène se base
sur le partage et se veut participatif. La troupe construit grâce au dialogue
afin de trouver la vision finale la plus juste que le metteur en scène se doit
de choisir. Nourrie des lectures de Yoshi Oïda ou d’Eugenio Barba, la compagnie croit en un théâtre social qui s'adresse frontalement à son public.Il y a une volonté de prendre les gens, physiquement, les emporter. Qu'ils tremblent à
la fin du spectacle. Ils veulent plein de choses, et feront tout pour y arriver, ne
serait-ce qu'un instant.
Leur charme a opéré le 7 avril à Paris, nul doute qu'ils vous envoûterons à la Comédie de Reims le 9 mai 2014!

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