24 mars 2012

5 mai, Les Mouches

Le 5 mai prochain, la troupe de RMS clôturera cette année la 25e édition du Festival, avec une la mise en scène des Mouches, de Jean-Paul Sartre, texte choisi et revisitée par la quinzaine de comédiens, accompagnée de leur professeur, acteur et metteur en scène Florian Sevin.


Ayant pris comme inspiration le mythe grec des Atrides, Sartre nous offre ici une introspection sur la condition humaine. Jouée pour la première fois en juin 1943, le thème de la liberté avait une consonance toute particulière sous l’occupation Allemande.

Aujourd’hui la troupe de théâtre d’RMS propose une vision décalée de cette lutte contre l’oppression.

5 mai, Danser à Lughnasa

La 5 mai prochain, la dernière soirée du Festival débutera avec l'Entracte, troupe de théâtre du Celsa, qui interprète cette année, Danser à Lughnasa de Brain Friel.


En choisissant Danser à Lugnhasa, la pièce la plus populaire du « Tchekhov Irlandais » Brian Friel, l’Entracte se confronte à une pièce dont le modeste sujet pourrait dérouter. 

Dans la maison familiale des sœurs Mundy ni acmé, ni grandiloquence, mais l’histoire au jour le jour d’une ferme irlandaise menée par cinq femmes. Derrière l’apparente simplicité de la situation, la richesse de la pièce tient à la force et à la chaleur des personnages : Cathy, l’institutrice, dont la morale et les croyances vont être mises à mal ; Rose et Agnès, qui derrière leur tricot rêvent d’un ailleurs ; Chris, la fille mère, honteuse parfois, mais surtout amoureuse ; leur frère, missionnaire rentré d’Afrique, vieillard égaré dans un monde qu’il ne reconnait plus ; ou encore Maggie qui, non sans humour, s’agite au centre pour masquer les lézardes que l’on voit apparaître partout. Seul garant de cette histoire : Michael, le narrateur de ce « curieux mélange de souvenirs ». Il nous mène insensiblement vers la fin, rappelant à sa mémoire les moments forts de ces existences à la fois drôles et tristes, fortes et brisées, mais toujours touchantes et peu à peu si réelles pour le spectateur.

Le projet de mise en scène est à l’image de cette histoire qui refuse l’extraordinaire mais où pourtant éclate l’insolite comme éclate le rire ! Ce travail répond à la simplicité et à la force du texte de l’auteur : s’attacher à rendre sur scène la profondeur de chaque personnage, leur chaleur et leur tendresse sans pour autant sacrifier la rudesse des situations qu’ils traversent. C’est donc un travail de sincérité que les acteurs mènent face au texte comme face à eux-mêmes même : laisser le maximum de liberté aux comédiens, tout en repoussant sur la scène les limites imposées par un très court temps de création. C’est aussi laisser libre cours à l’inconnu, à l’improvisation : le travail repose essentiellement sur un jaillissement des émotions, sur quelque chose de très spontané qui vient nourrir les comédiens et la dramaturgie. Autant d’efforts qui seraient voués à l’échec si l’Entracte n’était pas une vraie troupe, soudée à la vie comme à la scène.

    La troupe du Celsa a reçu, lors de la 24e édition du festival, le prix de la meilleure comédienne (Sandra Provasi) pour L'’émission de télévision de Michel Vinaver.

    5 mai, L'Amour d'un Brave Type

    Le 5 mai prochain, la troupe de théâtre, La Corde Verte, constituée d’anciens étudiants de l’école Télécom Paris jouera, en plein coeur du Festival le samedi après-midi, pour une journée tout en théâtre, L'Amour d'un Brave Type, d'Howard Barker.

    L'amour d'un brave type nous transporte deux ans après la Première Guerre Mondiale, sur les collines des Flandres, théâtre de nombreux combats et sépultures sauvages de milliers de soldats. Londres décide de financer la construction de véritables cimetières et la confie à Hacker, entrepreneur ambitieux. Des soldats, eux-mêmes rescapés de ces lieux, sont chargés d'exhumer ce qui reste des corps de leurs anciens compagnons pour les recenser, et donner à chacun une sépulture. Mais la tâche est considérable, et l'inauguration du lieu par le Prince de Galles en personne est prévue dans un délai bien trop court, d'autant que l'arrivée inopinée de Madame Toynbee et de sa fille Lalage, venues chercher le corps de leur fils et frère pour le ramener en Angleterre, ne va pas simplifier les choses. Dès lors, l'entreprise de glorification va prendre un tour tragi-comique et le champ de bataille devenir le lieu de toutes les représentations...

    Cette comédie noire, où se rencontrent une succession de personnages grotesques, interroge notre humanité : honneur et grands sentiments viennent se heurter à la trivialité des désirs, aux intérêts sordides et aux mensonges dans lesquels se débattent ces vivants, foulant des milliers de cadavres… 

    La troupe a reçu, lors de la 24e édition, le prix de la meilleure mise en scène, pour L’importance d’être constant (Oscar Wilde), par la troupe de La Corde Verte (Nicolas Petit Jean).

    4 mai, Les Acteurs de Bonne Foi

    La 4 mai prochain, la troupe de théâtre de Centrale Paris terminera notre deuxième soirée, par un grand classique, Les Acteurs de Bonne Foi, de Marivaux.

    « Quand une fois l’imagination est en train, malheur à l’esprit qu’elle gouverne. » (Marivaux, La Vie de Marianne)


    Marivaux fait du mariage de la belle Angélique et du fortuné Eraste, tous deux jeunes et amoureux, le lieu de cette comédie en un acte, écrite à l’automne de sa carrière.
    La noce se prépare en hâte mais la pièce que Merlin, valet d’Eraste, a prévu de représenter pour le plaisir de divertir – et dont nous assistons aux répétitions orageuses avec bonheur – menace de gâter la cérémonie. Hors de question en effet que la conservatrice Madame Argante, la mère d’Angélique, apprenne le projet ; « Madame Amelin (tante et tutrice d’Eraste) veut la surprendre ». Dans l’impromptu orchestré par Merlin, les personnages joueront d’après leur propre caractère, selon un canevas cher à Marivaux : le quadrille inconstant. Subtilité perverse toutefois: Merlin et Colette se sont entendus pour mettre à l’épreuve leurs amants respectifs durant la répétition en leur faisant croire que les sentiments qu’ils se découvrent l’un pour l’autre dépassent le cadre de la représentation. Jalousies, cris et colères en perspective. Rien d’étonnant, donc, à ce que Madame Argante découvre la pièce et refuse aussitôt de la voir jouer. Frustrée dans sa soif de spectacle, Madame Amelin s’invente alors une autre comédie, dont elle sera seule à jouir au dépend de tous les autres personnages, qui joueront leur propre rôle « sans savoir qu’[elle] se divertit ». Faisant croire à sa future belle-famille, ainsi qu’à son neveu, que devant le refus de Madame Argante elle destine Eraste à Araminte, austère veuve de ses amies, elle réduira cette première à faire donner la pièce de Merlin par tous les moyens possibles, quitte à y jouer elle-même !

    Dans les Acteurs de bonne foi, bijou de fantaisie, de rythme et de caractères, les personnages dissimulent, se trompent, jouent à mentir pour prouver leurs vrais sentiments et se perdent dans l’illusion qu’ils ont eux-mêmes créée ; certains conservent leur innocence, d’autres se révèlent habiles au jeu des faux-semblants, mais de tous, aucun ne sortira indemne de son épopée théâtrale. La mécanique du théâtre, infernale chez Cocteau, chez Marivaux révèle aux protagonistes la couleur de leurs sentiments, sonde dans les cœurs « toutes les niches différentes où peut se cacher l'amour lorsqu'il craint de se montrer ». 


    4 mai, La légende d'Antigone

    Le 4 mai prochain, la troupe de théâtre de l'école HEC viendras nous interpréter, La Légende d'Antigone, de Philippe Fenwick.

    Le mythe d'Antigone revisité au vingtième siècle, quelque part dans un pays d'Europe de l'Est, une Europe d'avant la chute du Mur, une Europe de la raison d’État déjà aux prises avec la raison financière... L'histoire d'une Antigone qui nous enseigne à être digne, à rester libres et à choisir ce que nous pensons être juste.

    3 mai, La Balade du Grand Macabre

    Le 3 mai prochain, la troupe de la Comedia de L'ESSEC poursuivra la première soirée du festival avec leur représentation  de La Balade du Grand Macabre, de Michel de Ghelderode.

    Dans la riante et belgisante Principauté de Bruggelande, surgit un oiseau de mauvais augure, Nékrozotar, qui annonce à qui veut l’entendre l’apparition à minuit, le soir-même, d’une comète qui tuera « tout ce qui a plume, poil, arête dans la Principauté »… Escorté de deux ivrognes, le poète Porprenaz et le philosophe Videbolle, le rédempteur est escorté jusqu’à la Cour du prince Goulave, où ses prophéties vont révéler leur caractère auto-réalisateur… jusqu’à un certain point…

    Pour représenter au mieux cet hymne à la vie de Ghelderode, teinté de cruauté et d’espoir, la troupe a fait le choix d’une mise en scène inspirée du théâtre de rue… Le mouvement est favorisé, l’action est bondissante, les péripéties se succèdent… Cette Balade du Grand Macabre  est avant tout une éruption de sève, un appel solennel à la joie de vivre.

    3 mai, La Comédie animale

    Le 3 mai prochain, la troupe du BVE, ou Bureau de la Vie Etudiante de l’Université de Reims Champagne Ardennes (URCA), ouvrira le festival Reims monte en scène avec leur représentation de La Comédie animale, d’Andreas Marber.

    Un bar à Stuttgart. Un homme, prophète de comptoir, a des problèmes d'incontinence, urinaire et verbale. Le patron, laconique, essuie les verres et les tabourets. Un écrivain de romans de gare vient pêcher des répliques. Le juke-box yoyote et on licencie chez Daimler Chrylser.
    Échoués dans ce cimetière des désirs, des hommes déroulent rituellement le fil du temps, entre bière, demi-poulet et jeux de mots foireux. Ils sont les témoins frustrés d'un temps qui s'est figé pour eux, ils dérivent hors d'un monde dont ils ne veulent ou ne peuvent plus rien savoir. Dans ce microcosme ritualisé, ce temple de l'immobilisme, l'arrivée des femmes crée l'événement : une femme entre deux âges en quête d'amour, deux aventurières des temps modernes, une jeune mariée alimentent, un temps, les fantasmes masculins. Leurs intrusions successives sont autant de préludes à l'irruption du féminin là où on l'attend le moins.

    La troupe du BVE a reçu le prix « coup de cœur du jury » lors de la 24e édition du festival Reims monte en scène en 2011 pour Déjantés, d’Olafur Haukur Simonarson.

    Programme Edition 2012

    Voici le programme de l'édition du festival Reims Monte en Scène du 3 au 6 mai 2012,

    Jeudi 3 :
    La Comédie animale, par la troupe du BVE de Reims
    La balade du Grand macabre, par la Comedia de l'Essec
    Au Centre Culturel St Exupéry

    Vendredi 4 : 
    La légende d'Antigone, par troupe de HEC
    Les acteurs de bonne foi, par la troupe de Centrale Paris
    Au Centre Culturel du Crous

    Samedi 5 : 
    17h L'amour d'un brave type, par la Corde Verte  http://www.cordeverte.c.la/
     au Centre Culturel du Crous 

    19h30 Danser à Lugnhasa, par la troupe du Celsa  http://lentracte.wordpress.com/
     Les mouches, par la troupe de RMS
    à la Comédie de Reims

    Dimanche 6 (matinée) : Clôture du festival avec remise des prix et cocktail de partage !
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