La 4 mai prochain, la troupe de théâtre de Centrale Paris terminera notre deuxième soirée, par un grand classique, Les Acteurs de Bonne Foi, de Marivaux.
« Quand une fois l’imagination est en train, malheur à l’esprit qu’elle gouverne. » (Marivaux, La Vie de Marianne)
Marivaux fait du mariage de la belle Angélique et du fortuné Eraste, tous deux jeunes et amoureux, le lieu de cette comédie en un acte, écrite à l’automne de sa carrière.
La noce se prépare en hâte mais la pièce que Merlin, valet d’Eraste, a prévu de représenter pour le plaisir de divertir – et dont nous assistons aux répétitions orageuses avec bonheur – menace de gâter la cérémonie. Hors de question en effet que la conservatrice Madame Argante, la mère d’Angélique, apprenne le projet ; « Madame Amelin (tante et tutrice d’Eraste) veut la surprendre ». Dans l’impromptu orchestré par Merlin, les personnages joueront d’après leur propre caractère, selon un canevas cher à Marivaux : le quadrille inconstant. Subtilité perverse toutefois: Merlin et Colette se sont entendus pour mettre à l’épreuve leurs amants respectifs durant la répétition en leur faisant croire que les sentiments qu’ils se découvrent l’un pour l’autre dépassent le cadre de la représentation. Jalousies, cris et colères en perspective. Rien d’étonnant, donc, à ce que Madame Argante découvre la pièce et refuse aussitôt de la voir jouer. Frustrée dans sa soif de spectacle, Madame Amelin s’invente alors une autre comédie, dont elle sera seule à jouir au dépend de tous les autres personnages, qui joueront leur propre rôle « sans savoir qu’[elle] se divertit ». Faisant croire à sa future belle-famille, ainsi qu’à son neveu, que devant le refus de Madame Argante elle destine Eraste à Araminte, austère veuve de ses amies, elle réduira cette première à faire donner la pièce de Merlin par tous les moyens possibles, quitte à y jouer elle-même !
Dans les Acteurs de bonne foi, bijou de fantaisie, de rythme et de caractères, les personnages dissimulent, se trompent, jouent à mentir pour prouver leurs vrais sentiments et se perdent dans l’illusion qu’ils ont eux-mêmes créée ; certains conservent leur innocence, d’autres se révèlent habiles au jeu des faux-semblants, mais de tous, aucun ne sortira indemne de son épopée théâtrale. La mécanique du théâtre, infernale chez Cocteau, chez Marivaux révèle aux protagonistes la couleur de leurs sentiments, sonde dans les cœurs « toutes les niches différentes où peut se cacher l'amour lorsqu'il craint de se montrer ».
Depuis plus d'un quart de siècle, le festival étudiant Reims Monte en Scène fait vivre le théâtre à Reims. Pour la 29e édition, l'association fait la part belle, en plus du théâtre et des comédies musicales, au théâtre d'improvisation. Du mercredi 2 mars au vendredi 4 mars 2016, des troupes étudiantes venues de toute la France vous offriront des soirées inoubliables sur les planches des scènes rémoises : 3 troupes de théâtre, et 1 troupe d'improvisation.
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